Épisode 3 : Montréal, apprends-nous à être branchés et innovateurs

Francis Nolan-Poupart : oui allô, bonjour et bienvenue à Changer de Voix, un podcast sur l'innovation dans le secteur public. Ici Francis Nolan-Poupart...

Kaili Levesque : ...et Kaili Lévesque. On vous a préparé quelque chose de très spécial pour l'épisode d'aujourd'hui, notre premier épisode réalisé en version originale française. On va vous plonger en plein coeur de l'écosystème d'innovation sociale, ouverte et technologique de Montréal.

Francis Nolan-Poupart : Attends, attends, attends, Kaili. Avant de commencer, il faut adresser certaines des critiques constructives qu'on reçu, à date, à propos de notre podcast.

Kaili Levesque : ah oui?

Francis Nolan-Poupart : oui, alors on s'est fait dire par 2-3 personnes, qu'en français, on était un peu trop pognés, peut-être un tout petit peu trop scriptés.

Kaili Levesque : ah, ça, c'est du bon français.

Francis Nolan-Poupart : merci. Et puis oui, aussi, on s'est fait dire, qu'on pourrait un peu plus, comment dire, se personnaliser, se présenter en tant qu'êtres humains. Alors, c'est pour ça que je voulais te demander, de façon complètement spontanée… attends, laisse moi tourner la page… Kaili, pourrais-tu partager avec l'auditoire, quelle est ta ville natale et puis quelle est ta saveur de crème glacée préférée?

Kaili Levesque : euh… spontanément, moi je suis une franco-Ontarienne fière venant de Sudbury et j'adore la crème glacée à aux pépites de chocolat à la menthe.

Francis Nolan-Poupart : wow. Très humain. Merci Kaili. Et puis moi pour ma part, j'ai grandi à Québec. Et ma saveur de crème glacée préférée, c'est vanille.

Kaili Levesque : euh, la vanille?

Francis Nolan-Poupart : ok, je me fais souvent dire ça, mais à ce que je sache y'en vendent pas mal de cartons de crème glacée à la vanille, à ce que je sache, donc y'en a d'autres que moi qui aiment ça?

Kaili Levesque : ok, d'abord, on te fait confiance - avec le sentiment du devoir accompli, on retourne à nous moutons. Aujourd'hui on vous présente un seul segment: un grand long métrage que Francis a effectué sur trois organismes basés à Montréal qui oeuvrent dans le domaine de l'innovation et travaillent à accompagner les organismes du secteur public qui essaient de changer leur façons de faire, de mieux collaborer, et d'innover.

Francis Nolan-Poupart : avant de rentrer dans les entrevues, on vous explique rapidement le but de ce reportage là, de cette expédition là - pourquoi aller à Montréal.

Kaili Levesque : Absolument. Ben, l'objectif, c'est vraiment de sortir de la bulle de la région de la capitale nationale, ou disons, plus largement, de la bulle de la fonction publique fédérale. On s'est posés la question: est-ce qu'on peut trouver un endroit au pays où il y a vraiment un écosystème d'expertise et de pratique dans le domaine de l'innovation particulièrement pertinente pour le travail que nous on fait dans le secteur public.

Francis Nolan-Poupart : Mais oui, vous l'avez vu venir, vu qu'on vous l'a dit, l'écosystème qu'on a choisi justement c'est celui de Montréal. Donc le 31 octobre dernier je me suis rendu à Montréal.

(Interlude musical)

Donc on a posé les mêmes questions aux trois organismes, et ce que vous allez entendre, ce sont les meilleurs extraits de leurs réponses, accompagnés de petits commentaires de ma part qui essaient de tisser les liens entre les différents extraits. Et puis je note aussi au passage que pour un des organismes, on a, en fait, interviewé deux personnes différentes. Mais ça tombe que les quatre personnes auxquelles on a parlé avaient vraiment des voix très distinctes, donc, je pense pas qu'il y a vraiment risque que vous vous mélangiez. Alors, sans plus tarder, on amorce le safari.

Francis Nolan-Poupart : Pour commencer on vous présente les quatre personnes qui vous serviront comme guide pour notre exploration de l'écosystème d'innovation sociale montréalais.

Laurence Bakayoko : Alors mon nom c'est Laurence Bakayoko et je suis la directrice de Projektaé.

Élizabeth Hunt : Moi je suis Élizabeth Hunt, je suis avec Percolab et on a pas de titre à Percolab, y'a pas de hiérarchie, on travaille tous en équipe avec Percolab.

Dominique Bel : Ça veut dire que moi je suis Dominique Bel, sans titre, avec Percolab, adepte de l'horizontalité.

Monique Chartrand : Bonjour, moi je m'appelle Monique Chartrand, je suis Directrice générale de Communautique.

Francis Nolan-Poupart : Les quatres organismes oeuvrent dans le domaine de l'innovation, mais ont chacun un mandat qui est très unique. Une chose qui est clairement partagée, par contre, c'est le désir et le vouloir de bâtir les capacités de leurs partenaires, de leurs clients, afin d'effectuer des changements à grande échelle.

Laurence Bakayoko : Projektaé c'est une agence d'innovation sociale qui est basée à Montréal, mais on travaille aussi beaucoup dans la province de Québec, et puis au Canada et aussi à l'international. Ce qu'on fait, c'est offrir donc des services-conseils et des formations en innovation sociale. Nous on est vraiment spécialistes dans le processus qui va t'amener de définir ton problème, mobiliser les gens, communiquer ça, et puis arriver à prototyper des solutions qui vont après changer d'échelle et ultimement on espère, changer les systèmes. C'est tout ce processus là.

Dominique Bel : on a deux focus principaux, l'un c'est de travailler autour de ce qu'on va appeler de façon très large les labs, qui sont des processus par lesquels on accompagne des organisations pour naviguer la complexité. Pour faire émerger des pratiques et des stratégies qui permettent d'inventer le future et d'inventer des nouvelles manières d'être, des nouvelles manières de faire.

Dominique Bel : l'autre focus qui est très fort chez Percolab c'est de travailler sur ce qu'on appelle le futur du travail. De nouvelles manières de collaborer, de travailler ensemble, qui permettent de libérer du potentiel extraordinaire, et qui sont sous-utilisées aujourd'hui. Parce que le monde travaille sur des anciens principes.

Monique Chartrand : Alors, Communautique, c'est depuis 17 ans, un hub d'innovation ouverte qui est dédié à l'apprentissage, à la collaboration, à la recherche et l'expérimentation en innovation sociale et technologique.

Monique Chartrand : Je dirais qu'on s'est spécialisé, depuis environ cinq ans, comme laboratoire vivant, donc on est devenu un “living lab”, on a aussi développé le premier “fab lab” au Canada, et on a une offre de formation en innovation ouverte et numérique, et on s'est spécialisée dans deux enjeux particuliers, c'est-à-dire dans la “silver économie” et maintenant on amorce un chantier en économie verte.

Francis Nolan-Poupart : Quelque chose d'omniprésent parmi les trois organismes, c'était l'expérimentation, intégrée dans leurs façons de faire. C'était pas nécessairement surprenant, mais c'est toujours rafraîchissant, de voir à quel point ils utilisent au quotidien des outils, y compris des outils numériques qui sont encore rares dans le secteur public traditionnel.

Laurence Bakayoko : Ce qu'on utilise principalement c'est le design thinking. La base de Projektaé c'est aussi beaucoup un modèle de recherche que j'ai créé qui disait quand on fait un projet qui a de l'impact social, il faut pouvoir collaborer du début jusqu'à la fin, il faut pouvoir communiquer du début jusqu'à la fin, et il faut pouvoir utiliser donc des méthodes qui permettent ça, et c'est un processus qui doit être vraiment balisé. Donc nous on travaille beaucoup sur le design thinking et on utilise aussi beaucoup la communication et des outils digitaux, pour pouvoir avancer dans tout ce processus là aussi.

Dominique Bel : Tous les outils qui sont autour de l'intelligence collective, qui sont connus, qui sont art of hosting, qui sont les world cafés, qui sont un type de pratique. Mais on est toujours à l'affût, on les a toujours affinés, ce qui fait que si tu prends l'analogie avec le monde du logiciel par exemple, t'as plusieurs versions, et c'est pas pour rien qu'on s'appelle percolab; on est une équipe d'expérimentateurs en permanence donc on a raffiné tous ces processus au long des années, jusqu'à même développer des outils qui sont propres et qui sont nos propres outils, qui sont des techniques de cercle, qui sont des techniques de réunion, qui sont des processus de prise de décision.

Monique Chartrand : Donc le laboratoire vivant c'est un processus d'innovation ouverte, c'est un processus très ouvert, avec les usagers comme partis prenantes et en contexte réel et rapidement en mode prototypage. Donc ca permet aux organisations en innovation ouverte de pouvoir sortir de leur R&D interne et partager leurs compétences mais aussi aller chercher des compétences dans le milieu.

Tandis que le fab lab c'est vraiment fabricatoire laboratoire, ce sont des ateliers de fabrication numérique. Donc un espace physique où on retrouve un certain nombre d'équipements de base qui permettent de passer d'une idée à un objet rapidement donc vraiment du prototypage rapide avec des imprimantes 3D ou des découpes lasers, des fraiseuses numériques. Donc on démocratise l'accès à l'époque industrielle à l'ère du numérique.

Francis Nolan-Poupart : Quand on regarde des exemples de projets sur lesquels ces organismes-là ont travaillé, on voit clairement que l 'appétit pour l'innovation sociale au Québec est là. Ils m'ont cité des exemples de projets qui comprenaient des partenariats avec les municipalités, le gouvernement provincial, le secteur communautaire, le secteur privé, toujours avec l'intention de s'attaquer à des problèmes complexes avec l'aide de différents outils.

Laurence Bakayoko : on a travaillé par exemple avec la ville de Baie-Comeau, Bécancour et Deschambault-Grondins, et eux en fait étaient engagés dans un processus de forum citoyen, qu'ils avaient à chaque année, mais ils voulaient apporter une approche beaucoup plus innovative justement à leurs projets, un processus collaboratif, justement.

Donc nous on a travaillé avec eux pour déterminer tout un processus, à la fois dans la communication mais aussi dans la collaboration, c'est-à-dire les méthodes qu'on va utiliser, pour arriver à des solutions qu'on veut créer, et ces villes là voulaient créer des solutions où les citoyens proposaient des projets de développement durable.

Élizabeth Hunt : on vient juste de finir une tournée régionale avec le ministère de l'économie, de la science et de l'innovation au provincial, ici au Québec, et puis c'est pour l'élaboration de la nouvelle politique en innovation. Ils sont venus nous voir, et nous on a utilisé nos approches, et dans un atelier de 3.5 heures, on a réussi avec un design qu'on a répété 9 fois, à vraiment vraiment aller chercher le caractère régional de qu'est-ce qui se passait dans les différentes régions.

Monique Chartrand : On a fait un événement phare au mois d'août dernier, qu'on a appelé “âge 3.0, la foire du vieillissement créatif”. Donc c'est une foire, c'est un salon, qui se voulait vraiment un changement de paradigm sur le regard du vieillissement. Donc qui était en mode un peu “maker fair”, mais aussi avec l'approche living lab, c-a-d que les exposants, que ce soit des entreprises, des laboratoires de recherche, des OBNL, étaient invités à challenger leurs produits, leurs services avec les visiteurs. Donc c'était pas une simple foire ou on pousse son produit et ses dépliants mais vraiment il y avait une relation d'innovation à même la foire.

Francis Nolan-Poupart : Mais en dépit de l'appétit pour l'innovation sociale, il y a des barrières qui persistent - communication, résistance au changement, manque de ressources. C'est le défi de passer d'une curiosité à une nouvelle façon de faire - ça prend du temps et le chemin à suivre n'est pas sans obstacles.

Laurence Bakayoko : qu'est-ce qui se passe quand t'es dans un processus de co-création et t'as des solutions auxquelles toi, t'es pas d'accord, comment on fait? Pis là, y'a des barrières, parce que du coup on arrive dans des choses qui sont autres de ce que l'on s'attendait, et ça crée une difficulté à avancer dans le changement. Donc ça c'est vraiment la plus grosse difficulté, la première difficulté qu'on voit. On veut tout changer, mais en réalité, pas vraiment tout changer.

Élizabeth Hunt : d'un côté on a souvent des gens qui travaillent dans des structures qui sont hiérarchiques, qui sont basées sur la planification, qui veulent maintenant rentrer dans le nouveau monde d'émergence, et où ce qu'on a besoin d'avoir plus un focus équipe que hiérarchie, faque y'a des tensions là, ils veulent des fois faire quelque chose et leurs structures les permettent pas.

Dominique Bel : ce qu'on voit souvent, c'est que les démons qui minent les organisations, ils sont autour de la question du pouvoir, autour de la question de l'argent, dont on parle pas souvent, mais qui est toujours là, finalement, et autour de la question de la confiance, et ça, c'est ce qu'on retrouve, et c'est ce qui décrivait Elisabeth, et ca vient paralyser les processus.

Monique Chartrand : la communication en générale c'est un défi pour tout le monde, mais ca le devient aussi quand t'utilise des processus innovants et un laboratoire innovant. Donc ca fait beaucoup de buzzwords - tse, living lab, fab lab, innovation ouverte, qu'est ce que ca veut dire? Donc c'est un gros défi de communication et on rencontre à l'occasion des organisations qui ont eu des experiences qui n'étaient pas nécessairement concluantes, qui ont vécu des processus qui avaient ces noms-là, mais ça les a pas vraiment, qu'ils n'ont pas eu une bonne expérience, donc à partir de ça c'est toujours un défi supplémentaire.

Francis Nolan-Poupart : Travailler avec le secteur public, en particulier, c'est pas toujours évident pour ces organismes. C'est un gros navire et c'est parfois difficile à naviguer puis à faire changer de direction. Mais en écoutant parler nos quatre invités, on voyait aussi qu'il y a des avantages à travailler avec le public.

Laurence Bakayoko : Si on se retrouve dans un processus de changement plus rapide, quand on travaille avec une plus gross structure comme un gouvernement, un ministère, ben, c'est plus compliqué. Seulement, ce qui est positif là-dedans, c'est que comme je l'ai mentionné, une chose qui est très importante et qui est fondamentale vraiment dans le processus d'innovation sociale, c'est la méthodologie qu'on utilise. Alors quand on se retrouve avec une fondation privée, ils veulent changer toutes les bases de données, les données de base du projet. Alors que quand on travaille avec un gouvernement, quand c'est plus long, le temps de réaction, ça fait que parfois, en fait pas parfois, on suit le vrai processus comme il devait être suivi. Et ça veut pas dire que c'est moins innovant le résultat. Pas du tout, au contraire, c'est qu'on a un résultat qui a beaucoup plus d'impact parce que la méthodologie est beaucoup plus rigoureuse.

Élizabeth Hunt : il y a toute la notion d'imputabilité, toute la notion de s'ils vont faire quelque chose, ils doivent vraiment bien le faire et s'assurer que ça va bien fonctionner. Faque c'est un petit peu plus lent, c'est moins agile comme organisation, mais, en même temps, l'impact potentiel, que ce soit en matière de politique publique, ou de façon de fonctionner différemment à l'interne, l'impact peut être beaucoup beaucoup plus vaste.

Dominique Bel : Je pense que c'est pas facile de travailler avec le gouvernement, et que y'a, par les structures, par les modes organisationnels, et probablement lié, à des notions de manque de confiance, de crainte, de volonté de contrôle, le mode organisationnel est en tant que tel, un frein à l'innovation. Je vais donner un exemple très pratico-pratique, qui est celui des processus d'appel d'offres. Où, par plein de raisons louables qui sont, protéger les deniers publics, maîtriser les processus, éviter des pratiques qui seraient condamnables, on a des processus de consultation publique qui sont extrêmement rigides, et qui aboutissent à des aberrations,

Francis Nolan-Poupart : Un fil conducteur qui revenait dans toutes les entrevues était que l'innovation, qu'on parle d'innovation ouverte, ou sociale, ça se fait pas en vase clos. Et puis pour être précis, certains de nos guides avaient des idées sur ce que les gouvernements pourraient faire différemment pour mieux collaborer

Laurence Bakayoko : l'innovation sociale, c'est pas seulement le produit ou le service qui est innovant à la fin, et qui va répondre à ce besoin. C'est tout ce processus exploratoire, qui est un processus itératif, un processus d'essai et erreur, d'expérimentation et de collaboration. Alors il faut pouvoir allouer des budgets à des organismes, à des fondations, à des organismes privés aussi - reconnaître le rôle des entreprises privées - à des organismes de recherche, qui vont travailler ensemble pour trouver des nouvelles solutions et qui vont donc expérimenter des prototypes de solution. Et qui vont même avoir besoin d'argent pour déterminer ce qu'est le problème à l'origine. Et là, ça change, parce que dans le financement traditionnel, c'était, on connaît le problème: trouvez-nous la solution.

Monique Chartrand : Ce qu'on trouve un défi c'est que l'investissement on dirait que c'est facile en infrastructure mais d'investir dans les processus, d'investir dans l'humain ca semble un défi. On rencontre souvent des projets d'infrastructure culturels de 20 millions puis on va mettre 15 mille dollars pour un processus d'innovation, alors que, a mon avis, on pourrait mettre un million sur le processus d'innovation et à la fin le projet serait vraiment durable, en phases avec tout un ensemble de services conscients très développés. pour moi il y a un défi là, est-ce que ca va rentrer plus au niveau de l'offre de formation des ressources humaines, mais il y a quelque chose à repenser pour que les financements aillent aussi pour les processus d'innovation. On compte beaucoup sur le crowdsourcing, on met des plateformes en ligne, mais une plateforme en ligne tout de seul ca ne marche pas, des processus d'innovation ca se fait en personne, le “en ligne” peut accompagner le processus en personne mais ne peut pas la remplacer, pas avec mille personnes qui participent sur une plateforme qui en generale ne répond pas aux normes et aux standards d'accessibilité et exclut beaucoup de monde qu'on est vraiment en innovation ouverte.

Francis Nolan-Poupart : La dernière question que j'ai posée à nos guides, c'était à savoir si la perception de Montréal, qui, vue de l'extérieur, paraît avoir un écosystème de l'innovation qui est très actif, très développé à Montréal, était en fait une bonne perception. Je leur ai demandé si ça les surprenait d'entendre parler de cette perception là, et peut-être de partager leurs théories sur pourquoi Montréal a cette réputation là, en fait.

Laurence Bakayoko : la raison pour laquelle, c'est parce que le Québec est une terre d'économie sociale. Et l'innovation sociale en réalité, sort vraiment de l'économie sociale, tsé. Créer des coopératives quand on a juste des organismes communautaires et juste des entreprises privées, à l'époque c'est une innovation sociale, tsé.

Élizabeth Hunt : Ça me surprend pas mais tsé, en même temps, c'est quelque chose qui se passe à l'international.

Dominique Bel : probablement le facteur de diversité, c'est quelque chose qui est très très fort à Montréal, avec beaucoup de communautés différentes qui arrivent, qui vivent ensemble, je pense que la diversité est quelque chose de très fort à Montréal. J'ai le sentiment qu'il y a une solidarité, ou une capacité à la solidarité qui est assez forte. Montréal aussi est reconnue être une ville très créative qui a pas peur d'oser et d'essayer des choses. Donc euh, quand on se trouve dans un écosystème qui est à la croisée de la diversité, de l'entraide et de la solidarité et de la créativité, ben oui, on essaie des choses, on essaie des choses nouvelles.

Monique Chartrand : mon impression personnelle c'est qu'il y a comme un renouveau générationnel je dirais, un engouement pour changer le monde,

Francis Nolan-Poupart : Donc c'est un tendance plus lourde, quand je dis de Montréal c'est pas nécessairement quelque chose qui…

Monique Chartrand : Moi je pense que c'est partout à différents niveaux de perception communique mais je pense que c'est en train de s'interconnecter

(Interlude musical)

Francis Nolan-Poupart : et voilà. On est arrivés à la fin des entrevues. Donc on va conclure le podcast en prenant 2-3 minutes, pour méditer, un peu, bon, sur des thèmes qui ont émergé de ces conversations là. D'ailleurs, je vais commencer, très rapidement, juste en notant que, bon, pour moi la théorie sur l'écosystème d'innovation à Montréal était peut-être un petit peu boiteuse. Je veux dire, on a entendu des réflexions très intéressantes là-dessus, de la part de par exemple Laurence chez Projektaé sur le rôle de l'économie sociale au Québec, mais, en même temps, Mme. Chartrand chez Communautique et Élizabeth nous rappellaient que cet écosystème-la d'innovation c'est quelque chose qu'on trouve dans plusieurs villes au monde, donc c'est une tendance mondiale. Ce n'est pas quelque chose qui est propre à Montréal. Oui, peut-être qu'il y a des facteurs à Montréal qui ont comme stimulé l'émergence de ces organismes là, et peut-être qu'on est un peu en retard à Ottawa, mais qu'en même temps il y a une mouvance, des principes qui dépassent les frontières surtout municipales, dont on pourrait justement profiter, ici, à Ottawa et dans les différentes évidemment villes canadiennes où oeuvrent des fonctionnaires fédéraux.

Kaili Levesque : Pour moi ce qui était intéressant c'était d'entendre les organismes comme ça parler de leur perception de la fonction publique fédérale, provinciale, municipale, comment elle est perçue de l'extérieur. Et y'avait du positif et du moins positif là-dedans. Le positif, c'est que, bon, c'est toujours encourageant de voir que nos partenaires comprennent notre contexte; qu'on vit avec certaines contraintes dans le public qui font que, c'est pas toujours évident de se tourner de bord et d'être agile. On a certains de nos processus et de nos structures qui, oui, parfois, freinent notre enthousiasme, mais pour de très bonnes raisons. Encore dans le positif, c'était intéressant d'entendre et Laurence et Élizabeth reconnaître que, quand on réussit à faire bouger les choses, le potentiel d'impact au public est massif, et c'est vraiment toujours énergisant de se rappeler de ça.

Francis Nolan-Poupart : J'ai beaucoup apprécié Laurence qui expliquait que le fait que le désir d'innover, ça se réalise pas dans un flou artistique, mais que justement il faut de la rigueur dans la méthode, et que, bon, à Ottawa peut-être on est plus rendu à l'étape ou on a le désir, on commence à construire la capacité pour les méthodes et pour les outils mais qu'on est au début de notre aventure.

Kaili Levesque : J'ai hâte de voir ce qu les gens vont faire avec l'appel à l'action d'aujourd'hui.

Francis Nolan-Poupart : On est rendus à la fin de l'épisode. On veut vraiment dire un grand merci à Projektaé, Percolab et Communautique. Merci beaucoup de m'avoir accueilli aussi chaleureusement dans vos bureaux. Et je mentionne juste rapidement comme ca qu'on a du couper plein de bon contenu, et qu'on se sent vraiment mal. On a même dû couper la question sur l'avenir de ces organismes là qu'on a passé en entrevue, mais surveillez le site de Projektaé pour un nouveau magazine et des plateformes de e-learning sur les méthodes d'innovation sociale, et puis, surveillez aussi l'initiative “fab lab nation” de Communautique qui va essayer de susciter l'utilisation de cet outil là, les fab labs, dans le Canada l'extérieur du Québec.

Kaili Levesque : Voilà qui conclut l'épisode. Comme d'habitude, on va être de retour dans environ un mois. N'oubliez pas de vous abonnez-vous à nos balados sur iTunes ou Soundcloud et de parler de notre balados à vos collègues, vos amis, votre famille, vos chats, vos chiens. Une note personnelle pour moi et aussi pour Francis c'était vraiment quelque chose d'important pour nous de créer une émission en français en premier. On apprecie enormement le soutien de nos collègues, nos coéquipiers de Track Changes/ Changer de voix votre rétroaction et comme vous pouvez entendre nous le prenons à coeur, on le prend au sérieux. Nous vous laissons maintenant entendre Journey of the Mandarin de notre ami Mark Matz. À très bientôt!